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Catatumbo

Mercredi 19/05

Et c’est reparti pour un tour de 4x4 (8h30) en direction du lac Maracaïbo. La fatigue se fait sentir et quelques personnes commencent à s’endormir.


Fabrice en pleine réflexion.

Nous sommes arrêtés une dizaine de minutes dans la partie basse de la vallée pour laisser passer les engins de terrassement, la route est recouverte d’un glissement de terrain (il était déjà là à notre arrivée le 12/05), mais la quantité de terre à évacuer est impressionnante. C’est un pan de montagne qui a dévalé sur la route. Pendant que nous attendons, des vendeurs à la sauvette nous proposent des pop-corn et des K7 audio copiées, sous l’œil des policiers qui contrôlent la circulation.

Nous arrivons à Porto Concho, qui est un petit village de pécheurs, vers 15h00, après avoir demandé " moulte fois " nôtre chemin. Il faut maintenant trouver un bateau. Le pêcheur qui travaille habituellement avec notre guide n’étant pas là, nous acceptons la proposition d’un autre pêcheur qui demande 50000 Bs (80$).

Nous voilà donc parti en coque plastique propulsée par un 40ch (on aurait quand même du s’en offrir un à l’AVAT) sur un chenal naturel entourés d’arbres (tiens ça me rappelle quelque chose), mais ici l’eau est à plus de 32°, il ne manque plus que le Knee Board (NdC Loïc a bien essayé de convertir les locaux au KneeBoard, mais ils n’ont pas été convaincus) !

Sur le chemin, nous apercevons des singes dans un arbre qui ne sont guère troublés par notre passage. Il faut dire que les pêcheurs connaissent uniquement 2 allures, l’arrêt et " au taquet ". Ils font la course pour revenir au village.

Enfin nous arrivons au carbet lacustre appartenant au parc national sur le bord sud du lac Maracaïbo. Nous déposons nos affaires et la première équipe repart chercher du poisson (3500 Bs pour 2kg, 35F !) pendant que j’installe les hamacs (et il vaut mieux avoir des cordes, il n’y a pas de crochets).


Carbet Lacustre du parc national.

Je m'offre une petite baignade en les attendant.je suis d’ailleurs rejoint par le reste de l’équipe à l’arrivée. C’était royal, il faut imaginer une baignoire géante d’environ 70km sur 35km à 32° avec une petite cerveza fraîche à la main.


Notre petite baignoire.

Le lac fait un peu plus de 2600km2, et il est ouvert sur la mer à Maracaïbo, les eaux du lac ont une salinité variable du sud (eau douce) au nord (eau salée).

Le soir petit repas avec des poissons et des bananes grillées et une bonne salade, tout en regardant une émission sur l’élection d’une miss à la TV en N&B couverte d’insectes, ce qui " mouchetait " l’image.

Puis vers 11h, on commence à s’installer pour regarder le spectacle du Catatumbo. Il s’agit d’un phénomène naturel qui se déroule tous les soirs vers 11h jusqu'à 2h du matin, une pluie d’éclairs s’abat sur une région lagunaire au nord de la rivière Catatumbo qui est située à environ 20km au nord-ouest du carbet (71°45 ouest, 10°08 nord). C’est très joli, malheureusement des nuages étaient interposés entre le phénoméne Catatumbo et nous, ce qui fait que nous avons surtout vu une succession intense de flashes lumineux avec de temps en temps des zébrures qui apparaissaient entre les nuages.

C’est un phénomène unique au monde, et de nombreuses expéditions scientifiques de météorologie sont venues l’étudier, dont une française.

Vers 00h30 tout le monde s’est dirigé vers les hamacs après avoir cogité sur les 2 énigmes suivantes :

- un homme se retrouve seul tout nu en haut d’une montagne avec un bâton, pourquoi ?

- un facteur sonne à une porte, il dit à la propriétaire, la somme des âges de vos 3 filles est le numéro d’en face, le produit des âges fait 36, et l’aînée est blonde.

Ecrire un e-mail à fabrice.fath@cnes.fr pour la réponse !

Vers 2h00, un petit vent frais s’est levé cassant un peu l’ambiance de petit paradis, j’ai du m’emmitoufler dans mon poncho pour faire coupe-vent, et un bon petit duvet aurait été parfait.

Jeudi 20/05

Nous partons en coque en direction de El Congo, un village lacustre. Seulement voilà, il y a des petites vagues sur le lac, et nous avons droit à une séance de 10 tassements de vertèbres à la minutes pendant 45min, car le vent et les vagues étaient de face. Ce n’était pas très agréable, et il fallait bien s’accrocher pour ne pas décoller.

Au bout de la séance de torture, nous bifurquons vers une zone marécageuse entrecoupée de plusieurs chenaux naturels (enfin de l’eau plate) ou nous avons pu encore une fois voir des singes et nous reposer le dos.

Le village est très original, tous les habitants possèdent une embarcation, y compris de tout petit bateaux en bois ou des petits radeaux pour les enfants, les maisons sont alignées et il y a des poteaux électriques le long des rues aquatiques. Il faut obligatoirement utiliser un bateau pour passer d’une maison à l’autre.


Moyen de locomotion à El Congo.

Nous allons au restaurant du village, mais le fils de la propriétaire n’est pas là, et on ne peut pas nous servir à manger. Nous repartons faire quelques courses en bateau. Il n’y avait pas grand chose, on fini par acheter des pâtes que la propriétaire nous les fait cuire. Finalement nous avons mangé pour 3000 Bs (30F) pour le repas et les cervezas pour 5 personnes.


Village lacustre d'El Congo.

Et c’est reparti en sens inverse, la zone de calme lagunaire, et re-séance de torture, avec en bonus, un envol d’oiseau à notre passage alors que ceux-ci barbotaient dans le lac. Un conseil prenez un gros sac à dos bien rembourré pour faire un siège au lieu de choisir l’option fond de coque rigide, cela sera beaucoup plus agréable.

Direction Porto Concho, puis le guide nous dépose dans une ville sur le chemin de Mérida pour que nous puissions prendre le bus de nuit pour Coro. Nous achetons les tickets et nous demandons s’il y a des bains publics. C’est que nous avons l’air de " beatniks " pas lavés depuis 3 semaines. Comme apparemment, cette ville n’en possède pas, nous nous rabattons sur les sanitaires du Terminal de Bus, et on m’indique même un robinet à l’extérieur du bâtiment. Une fois rafraîchis et changés (c’est vrai que mon tee-shirt blanc était quand même bien noir après avoir astiqué le fond de la coque), nous attendons patiemment notre bus de nuit qui part à 21h00.


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